Le système Labouchère fascine parce qu’il promet une progression “intelligente” : vous fixez un profit, vous suivez une liste, et si tout se passe bien, vous effacez les chiffres jusqu’à atteindre l’objectif. Sur le papier, c’est propre et rassurant. En ligne, la réalité est plus nuancée : la variance frappe plus vite, les limites de table sont inflexibles, et la maison garde son avantage. Ce guide vous montre comment l’utiliser sans vous raconter d’histoires, avec des exemples chiffrés et des garde-fous concrets.

Ce que Labouchère est… et n’est pas
- Ce que c’est : un plan de mise « ciblé » qui structure vos paris pour viser un profit prédéfini, surtout sur des chances simples (rouge/noir à la roulette, Pair/Impair, Pass/Don’t Pass, Player/Banker au baccarat).
- Ce que ce n’est pas : une manière d’effacer l’avantage de la maison. À la roulette européenne, votre probabilité de gain sur une chance simple reste ≈ 48,65 % (18/37). L’espérance reste négative, quelle que soit la progression.
- Le vrai rôle : canaliser votre bankroll et donner un cadre mental. Bien utilisé, il limite la panique et évite les mises impulsives. Mal dimensionné, il vous propulse contre le plafond de table ou dans un drawdown brutal.
Construire une séquence Labouchère utile
Le cœur du système : vous écrivez une suite de nombres positifs. La somme totale représente votre profit cible en unités. À chaque mise :
- Misez la somme du premier et du dernier nombre de la séquence (s’il ne reste qu’un nombre, misez ce nombre).
- Si vous gagnez, rayez ces deux nombres (ou l’unique nombre).
- Si vous perdez, inscrivez le montant de la mise à la fin de la séquence.
Quand la séquence est entièrement rayée, vous avez réalisé votre profit cible.
Exemple pas à pas avec un objectif réaliste
Objectif : +10 unités. Séquence initiale : [1 – 1 – 1 – 2 – 2 – 3]. Unité = 1 € pour la démonstration. Scénario d’issues : L, W, L, L, W, W, W, W.
| Étape | Séquence avant | Mise | Résultat | Séquence après | Solde cumulé |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | [1,1,1,2,2,3] | 1+3 = 4 | Perdu | [1,1,1,2,2,3,4] | -4 |
| 2 | [1,1,1,2,2,3,4] | 1+4 = 5 | Gagné | [1,1,2,2,3] | +1 |
| 3 | [1,1,2,2,3] | 1+3 = 4 | Perdu | [1,1,2,2,3,4] | -3 |
| 4 | [1,1,2,2,3,4] | 1+4 = 5 | Perdu | [1,1,2,2,3,4,5] | -8 |
| 5 | [1,1,2,2,3,4,5] | 1+5 = 6 | Gagné | [1,2,2,3,4] | -2 |
| 6 | [1,2,2,3,4] | 1+4 = 5 | Gagné | [2,2,3] | +3 |
| 7 | [2,2,3] | 2+3 = 5 | Gagné | [2] | +8 |
| 8 | [2] | 2 | Gagné | [] | +10 |
Le résultat final coïncide avec l’objectif : +10 €. Notez au passage la psychologie : même après -8 € au creux de la vague, la séquence reste gérable parce que les mises initiales étaient modestes. C’est la clé.
Bankroll, unités, et limites : l’équation que les joueurs évitent souvent
Tout le monde parle de la « logique » du Labouchère, peu parlent des chiffres qui le rendent viable. Trois paramètres doivent tenir ensemble :
- Votre bankroll pour la session.
- La taille de l’unité (mise de base) et la structure de votre séquence.
- Les limites de table (plancher/plafond) et la variance réelle du jeu.
Probabilités utiles (roulette européenne, chances simples)
- P(gagner) ≈ 18/37 = 48,65 %.
- P(perdre) ≈ 19/37 = 51,35 %.
- Probabilité de k pertes consécutives ≈ (19/37)k.
- k = 6 : ≈ 1,85 %.
- k = 8 : ≈ 0,49 %.
- k = 10 : ≈ 0,13 %.
Ces chiffres paraissent petits, mais en jeu en ligne rapide (40–60 coups par heure), vous verrez ces séries. Et vous n’avez pas besoin de 10 pertes d’affilée pour mettre votre séquence en tension : trois ou quatre L au mauvais moment suffisent à gonfler la prochaine mise.
Comment la mise maximale grimpe
Avec une séquence douce, par exemple [1,1,1,2,2,3] (somme 10), chaque perte ajoute un nombre qui augmente la mise suivante : 4,5,6,7… Après 6 pertes d’entrée, vous miserez déjà 10 unités. Ce n’est pas dramatique en soi, mais notez que votre « dette de séquence » (la somme des nombres non rayés) a alors bien augmenté ; vous avez besoin de plusieurs gains pour revenir à l’équilibre.
Dimensionner l’unité pour survivre
Règle empirique efficace pour le Labouchère « mini » (séquence de 5–8 nombres) :
- Choisissez une unité ≤ 1/60 de votre bankroll de session. Exemple : 300 € de bankroll → unité 5 € maximum.
- Visez un objectif de 8–12 unités par séquence. Au-delà, la durée de session s’allonge et les risques d’atteindre la limite augmentent.
- Adaptez l’unité au plafond de table : assurez-vous que 8 à 10 pertes consécutives ne vous poussent pas au-dessus de la limite. Si table max = 200 €, gardez une unité qui laisse une marge jusqu’à des mises de 80–120 € en cas de run défavorable (soit une unité entre 1 € et 2 € pour l’exemple ci-dessus).
Ce dimensionnement est volontairement conservateur. Votre but est de traverser les creux sans exploser la session.
Variantes et garde-fous qui font la différence
- Séquence « mini » et symétrique : privilégiez des chiffres modestes et répétitifs, par ex. [1,1,1,2,2,3] ou [1,1,1,1,2,2,2]. Les séquences « créatives » avec de gros nombres à la fin punissent très fort au premier L.
- Split de séquence : après un gros gain qui réduit la liste, scindez ce qui reste en deux petites séquences. Objectif : lisser les mises suivantes et revenir plus vite à zéro.
- Stop partiel : si vous atteignez +50 % de l’objectif (ex. +5 unités sur un objectif de 10) et que la prochaine mise dépasserait 10 % de la bankroll, stoppez et encaissez ce demi-objectif. La maison ne vous donnera pas de médaille pour avoir « fini la liste ».
- Reverse Labouchère : à utiliser avec parcimonie. Vous ajoutez en cas de gain et rayez en cas de perte. C’est grisant en série gagnante, mais l’inversion peut avaler vite les profits. Gardez-la pour des mini-séquences de 6–8 nombres avec un cap strict de 2 gains consécutifs.
- Time-out et rythme : bloquez des pauses toutes les 15–20 mises. Le tilt en ligne double la vitesse des erreurs.
Routine de session recommandée
- Fixez la bankroll de session et calculez l’unité (≤ 1/60 de la bankroll).
- Créez une séquence simple totalisant 8–12 unités. Écrivez-la avant d’ouvrir la table.
- Choisissez une chance simple et conservez-la toute la session. Changer constamment de côté n’améliore pas l’espérance, mais complique votre suivi.
- Appliquez strictement : rayez en cas de gain, ajoutez la mise en cas de perte. Pas « d’exception » au milieu de la séquence.
- Déclenchez un stop-loss à -20 unités ou si la prochaine mise dépasse 10 % de la bankroll. Repartir plus tard vaut mieux que forcer.
- Consignez chaque session (objectif, mises max, résultat). La mémoire biaise votre perception du risque.
- Avant de risquer de l’argent réel, entraînez-vous en mode démo et lisez des avis sérieux. Un bon point de départ : https://stake-casino-fr.eu/.
Deux scénarios réalistes à connaître
1) Session fluide, objectif atteint tôt
Vous débutez avec [1,1,1,2,2,3], enchaînez W–L–W–W–W. Mise max 5 unités, drawdown -4 unités, objectif atteint en moins de 10 coups. Parfait : fermez la session. Le piège classique est de recommencer immédiatement « parce que c’était facile ». La variance n’a pas de mémoire.
2) Série froide, psychologie sous pression
Vous encaissez L–L–L dès le départ. Les mises montent : 4,5,6… Vous résistez, puis un W réduit un peu la liste. Vous êtes encore à -7 unités. C’est ici que le système révèle sa vraie nature : il vous oblige à rester méthodique. Si la prochaine mise deviendrait disproportionnée (par rapport à votre bankroll ou à la limite de table), vous stoppez net et reprenez plus tard. Mieux vaut accepter -7 que transformer une session maîtrisée en naufrage par entêtement.
Pièges de pensée à éviter absolument
- La martingale déguisée : « J’ajoute juste un peu plus pour revenir plus vite ». Non. C’est précisément ce qui casse les bankrolls.
- L’illusion du rattrapage : le système « garantit » un profit si on finit la liste. Oui, mais rien ne garantit que vous pourrez la finir avant d’atteindre la limite de table ou votre stop-loss.
- Changer de jeu pour « casser la malchance » : passer de la roulette au baccarat ne change pas l’avantage de la maison. Vous multipliez juste les variables.
- Ignorer la vitesse : en ligne, 10 minutes suffisent pour jouer 30 coups. Accélérez, et la variance vous rattrape avant que vous ne réalisiez la pente.
Checklist rapide avant de cliquer sur « Miser »
- Ma bankroll de session est fixée et séparée de mon budget quotidien.
- Mon unité est ≤ 1/60 de la bankroll.
- Ma séquence cible 8–12 unités, pas plus.
- J’ai défini un stop-loss (ex. -20 unités) et un stop-win (achèvement de la séquence ou +12 unités, selon le premier atteint).
- Je sais quelle sera ma réaction si la mise suivante dépasse 10 % de la bankroll : je stoppe, point.
Conclusion : un cadre, pas une baguette magique
Bien paramétré, le Labouchère peut transformer une session erratique en démarche structurée : vous savez quoi miser, pourquoi, et quand vous arrêter. Il ne change pas les mathématiques du jeu, mais il peut améliorer votre gestion du risque et votre discipline. La différence entre ceux qui « y croient » et ceux qui l’utilisent bien tient à trois choix : une séquence raisonnable, une unité modeste, et des limites (stop-win/stop-loss) respectées coûte que coûte.
Si vous deviez retenir une chose : faites du Labouchère un outil de budget et de tempo, pas un plan pour battre la maison. Le jour où une séquence vous force à poser une mise qui vous met mal à l’aise, la bonne décision n’est pas d’« oser », c’est d’arrêter. Et votre bankroll vous dira merci demain.

